Dictionnaire IMPERTINENT des relations sociales Lettre E


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Elections:

Il s’agit ici d’un dictionnaire IMPERTINENT… mais mon analyse n’est nullement antisyndicale mais plutôt une ALERTE. On ne peut plus faire semblant que tout va bien et que rien ne sera sauvé par une fuite en avant avec plus de moyens comme on le voit encore au niveau national ou dans les entreprises.

En démocratie, il y a des visions et des intérêts différents qui traversent la société qu’il est vital de laisser s’exprimer par les élections sinon nous nous retrouverions en dictature. Il y aurait beaucoup à dire sur la manipulation des électeurs, mais ce n’est pas l’objet ici. Nous devons rester sur nos gardes, encore plus aujourd’hui, sur ce principe fondateur de nos sociétés, du « vivre ensemble ».

Dans l’entreprise le moyen pour faire se confronter ces idées (ou qui devrait le faire) est aussi l’élection professionnelle. On parle dans ce cas de démocratie sociale. Des électeurs, des élus avec un mandat issu des urnes.  

La démocratie sociale est même sacralisée dans le code du travail article 1er depuis la loi Larcher « tout projet de réforme…qui porte sur les relations individuelles et collectives du travail…fait l’objet d’une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d’employeur ».

On peut tout de même douter que l’entreprise soit une démocratie !

En 2016, le livre de Jean-Pierre Le Goff, philosophe et sociologue, m’avait interpelé, « Malaise dans la démocratie ». Il mettait en lumière les postures et faux-semblants des uns et des autres qui continuaient d’affirmer des grandes idées alors que la réalité était tout autre.  Il parlait « de démocratie rêvée des anges ».

Sommes-nous nous aussi en entreprise dans « une démocratie rêvée des anges » en parlant de démocratie sociale et en faisant de l’élection tous les 4 ans, la pierre angulaire de tout le dialogue social. En effet, les élections sont censées apporter la légitimité aux acteurs du dialogue social qui peuvent de plus en plus créer la norme en aménageant la loi.

Mais ces élections n’ont-elles pas été largement « aménagées » depuis des décennies pour justifier quoiqu’il en coûte cette légitimité ?  

On a l’impression, que le législateur, après concertation avec les syndicats, essaie par tous les moyens de faire rentrer avec un chausse-pied, cette belle idée de démocratie sociale dans une chaussure devenue trop étroite alors que la réalité peut sembler bien différente pour les professionnels en entreprise. Quelques éléments de réflexions en vrac du plus ancien au plus récent…

-       Des principes électoraux basés sur le fait syndical alors que les salariés sont éloignés du syndicalisme, certes du fait d’une histoire sociale particulière, un taux de syndicalisation quoiqu’on en dise bas aux alentours de 10% (privé 7,8% et public 18,4%).  

-       Le maintien du monopole syndical à tout prix au 1er tour des élections professionnelles pour donner « un avantage » aux organisations syndicales

-       Une loi en 2008, pour dire qu’une organisation syndicale est représentative (c’est-à-dire qu’elle peut être à la table de négociation et éventuellement signer des accords collectifs pour tous les salariés) à partir de 10% des suffrages et aussi qu’un délégué syndical peut être désigné s’il a obtenu 10% même s’il n’a pas été élu.

-       Des résultats électoraux catastrophiques des représentants des salariés dans les TPE en décembre 2024, élus sur étiquette syndicale avec 4,07 % de participation. Ils représenteront 218 000 salariés dans les branches professionnelles

-       Une participation aux élections inférieure à 50% dans la fonction publique alors qu’ici les enjeux individuels de carrière, de mobilité etc. demeurent « l’affaire » des syndicats.

-        Et enfin dernièrement, par le jeu de la négociation rallonger la possibilité d’un mandat supplémentaire (désormais à 3 consécutifs) des élus des CSE alors que les ordonnances Macron avait limité à 2 mandats pour permettre le renouvèlement des personnes !

J’ai évoqué ici les symptômes de l’éloignement des salariés et des problèmes que cela pose mais il reste à se poser la question fondamentale du POURQUOI, des causes de cet éloignement des salariés et j’y consacrerai un post et même plus dans les prochaines semaines.

 


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